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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 03:00

CHRONIQUE D’ UN MOUVEMENT ANIMÉ :

 LE FUSIONNISME LE MOUVEMENT

 

"Le mouvement est né en atelier dans les années 90 à Fontainebleau, mu par la recherche de nouveaux axes de travail où la mixité des styles et des techniques est au premier plan. C’est une toile de l’artiste fondateur Patman intitulée « Fusion », exécutée en 1994, qui donnera son nom au mouvement. Cette œuvre majeure du mouvement surgit comme un cri de douleur où se fondent, dans une symphonie de bleus profonds issus du mariage de l’encre et l’acrylique, les éléments, les cultures, l’imaginaire, l’homme, qui s’acheminent, visionnaires, vers l’inconnu, l’insondable. A l’égal d’un accouchement, les rythmes et la souffrance sont intenses et la fusion s’achève en un geyser de feu, d’eau, de lumière et, craché dans les flammes du dragon, l’être humain, renaissant de ses cendres : l’artiste lui-même peut-être. « Premiers cris, premiers pas, dans ce nouveau monde fusionné d’encre et d’acrylique (Patman) ».Le Fusionnisme est né ! 

A l’origine de cette démarche, on trouve la rencontre avec la calligraphie. Les outils utilisés tels que calames, plumes, bambous, sont en osmose avec le geste et la posture, n’étant plus ainsi instruments mais partie intégrante du corps : c’est la résonance entre l’artiste et l’œuvre.

La découverte d’une grande liberté d’exécution dans la pratique de cette nouvelle approche de la peinture marque les premiers pas du mouvement où les outils sont remplacés principalement par les couteaux. L’artiste parle alors de distanciation entre l’œuvre et son créateur. C’est la recherche intérieure, la méditation, mais aussi la quête d’une dimension de sérénité et d’une nouvelle identité artistique qui jetteront les bases philosophiques du mouvement.

Runge, au 19ème siècle ne faisait-il pas allusion au besoin de mettre à jour l’intériorité, d’emprunter les voies paradoxalement obscures et lumineuses qui conduisent des profondeurs de l’être à son conscient. Face à une frustration devant des travaux trop standards, trop basiques, l’artiste étouffé par cette exiguïté, ne se reconnaissant dans nul autre courant répond par la création de cette voie novatrice qui s’écarte des références dont il s’est inspiré jusque là. Il aspire à être tout à la fois en marge du figuratif et de l’abstrait sans jamais se laisser glisser vers l’un ou l’autre, restant ainsi sans cesse sur le fil du rasoir. La volonté de se démarquer, de poser en toute humilité une pierre dans l’édifice de l’art, de personnaliser un travail trace le chemin du mouvement où pour l’artiste la peinture est un engagement sacré, un don de soi-même, le renoncement à l’individualité face à l’infini naturel, le sens de toute une vie.

Ainsi le Fusionnisme, démarche spirituelle, art de vivre, quête permanente du soi, confère un nouveau regard sur l’art guidé par une approche à la fois mystique et réaliste, où le métissage des cultures prend toute sa dimension. La fusion n’a aucune frontière, ni artistique, ni culturelle, ni philosophique : elle est entière et totale et évolue sans cesse dans le temps.

Le Fusionnisme permet de revisiter des styles, des techniques, des cultures que l’artiste peut en toute liberté façonner sans limites. Le mouvement s’enrichit ainsi des inspirations de chacun : calligraphie, Expressionnisme, Symbolisme, Abstrait, Figuratif, ou encore Surréalisme, ce qui détermine avant son émergence, un classement arbitraire de ses œuvres lors des salons dans l’un ou l’autre de ces courants, d’où la nécessité irrépressible ressentie par Patman d’affirmer son style de création par son propre mouvement.

Et l’on retrouve dans le parcours de chacun les grands maîtres qui les ont propulsés dans l’art : Dali, Kandinsky, Picasso, Van Gogh, Claudel, Turner, Miro, Friedrich, Odilon Redon, Rodin, Le Caravage, Pollock et bien d’autres encore. Malgré ces grandes références, sources inépuisables, le mouvement affiche une volonté de marginalisation, perçue dans tout son argumentaire, qui peut être interprétée comme un désir farouche de rupture totale avec les courants existants. Cependant, qui parle de rupture totale ne peut s’empêcher de penser négation des valeurs, vide. Or c’est dans la démarche intellectuelle et dans le nom même que porte le mouvement qu’il faut chercher la notion de rupture, et non dans la démarche artistique où tout vise à un changement radical tissé sur fond d’une continuité à laquelle nul n’échappe : le travail s’appuie sur le vécu, la connaissance, les acquis. En résumé on peut dire paradoxalement qu’il y a rupture sur la forme et continuité sur le fond. C’est la mixité des courants, des styles, des techniques : la Fusion. Mais on ne peut traiter de ce mouvement sans s’attacher aux thèmes abordés dans les œuvres fusionnistes.

Ils reprennent les questions fondamentales de la vie, les rapports des hommes entre eux, des hommes avec la nature, et recèlent une consonance spirituelle, mystique, un écho de la foi au sens large du terme. On y retrouve les éléments de vie : l’eau, la terre, la lumière, l’air, mais aussi l’espace et les univers oniriques de chacun. On verra également que la femme occupe une place essentielle dans certaines de ces œuvres.

Mais leur expression n’est pas une réaction spontanée à partir d’un support visuel : tout vient de l’intérieur. L’artiste ressent son œuvre, ne la « fabrique » pas. Il exécute dès lors tous ses travaux en atelier. Caspar David Friedrich, pour qui on parle d’abstraction méditative, écrivait :

« Le peintre ne doit pas peindre seulement ce qu’il voit en face de lui mais aussi ce qu’il voit en lui. S’il ne voit rien en lui, qu’il cesse alors de peindre ce qu’il voit devant lui. »

Dans le Fusionnisme les œuvres sont des « instantanés » d’émotions et les sujets choisis expriment autre chose que leur aspect extérieur. Il y l’au-delà de l’œil physique et les signes plastiques sont les clés de ces projections dans l’avenir. Le Fusionnisme aurait une mission à accomplir : ouvrir une nouvelle voie où le spectateur serait un aventurier à la découverte de mondes futuristes. C’est aussi au travers des techniques utilisées qu’il poursuit sa route de l’imaginaire. Certaines d’entres elles sont communes aux différentes œuvres : acrylique, huile, mixte, collage, huile sur marouflage, encre…L’outil principalement utilisé est le couteau mais aussi les spalters, les pinceaux, et toute autres sortes d’accessoires pouvant être détournés de leur usage courant ! Pour la sculpture on retrouve le calcaire jurassique, le métal, la pierre de Marne, le béton cellulaire… Ensuite chaque artiste a sa « petite cuisine personnelle » qui donne à son œuvre son caractère, sa touche, sa facture.

C’est la foi dans cette démarche et la ténacité de tous qui permet au mouvement de s’imposer dans un rôle évolutif de l’artiste. L’artiste se trouve maintenant répertorié dans un courant qui lui est propre, miroir de son univers pictural. Patman expose désormais dans tous les salons comme chef de file du Fusionnisme. Mais il ne suffit pas de donner un nom à un mouvement : sans reconnaissance, pas de vie. En 1999 il est présenté au Salon des Indépendants, creuset de tous les grands courants artistiques. En 2000 le mouvement prend de l’ampleur avec l’obtention d’une série de prix, dont le 1er prix du public au salon des peintres de Gargenville (avec Tribal Nature) qui conduit l’artiste au salon des salons de Versailles au domaine de Mme Elisabeth en 2001, qui réunit tous les 1ers prix du département, et le prix du public au salon d’Automne de Ballancourt. A dater de 2001 sa définition figure désormais sur le livre prestigieux du salon des Indépendants. C’est la consécration de toutes ces années de travail et de lutte acharnée contre les institutions. Les rencontres diverses : artistiques, médiatiques, se multiplient et apportent leur soutien et leur confiance dans ce qui deviendra un mouvement animé : le Fusionnisme. Les portes s’ouvrent, son avenir se profile. Le mouvement grandit, fait école et accueille entre 1999 et 2004, sous son vocable, ceux qui deviendront les fusionnistes : Fr.Benoit-Lison, H.Allègre, L’Rev. Patman définit ainsi son mouvement : « Fusion, dans ton monde Où tout s’oppose, du figuratif à l’abstrait, du pinceau au couteau, Tu finis par fusionner. Les réflexions et les techniques. Création d’espaces, de lumière Et de légèreté, tu nous illusionnes. Avec nos visions collectives vers le Fusionnisme. »

LES FUSIONNISTES

 

Les fusionnistes sont pour l’heure tous autodidactes. Ils ont fait école avec des artistes confirmés, ou bien fait celle de la rue comme le disent certains avec humour. La plupart d’entre eux se sont rencontrés au salon des Indépendants qui, à leurs yeux, aurait besoin d’un nouveau souffle qu’il trouvera, espèrent-ils, lors de sa réintégration au Grand Palais et rendra sa juste valeur à ce berceau culturel et artistique. Les propos échangés sur leur démarche artistique mettent à jour des points communs indéniables qui donnent au mouvement sa cohésion, même si au premier coup d’œil il ne paraît pas toujours homogène. L’éloignement géographique n’est pas un obstacle : chacun sait de l’autre que dans son parcours subsistent les grands axes du Fusionnisme.Cependant, le mouvement n’en est qu’à ses balbutiements et l’organisation de collectifs plus fréquents lui donnerait du poids et atténuerait les difficultés qu’il a parfois à s’imposer au regard du spectateur comme à celui de l’organisateur, tous deux en recul face à la nouveauté. Mais pour l’œil avisé, les influences du mouvement se font d’ores et déjà sentir, beaucoup de questions se posent sur le travail des fusionnistes et certains artistes sans l’avouer vraiment leur emboîtent le pas et rallieront peut-être leurs rangs : à suivre… Et à l’artiste fondateur le choix du moment de la rencontre !Tous sont animés de la même passion, du même élan, sans qu’aucun d’entre eux ne trahisse un seul instant la définition du mouvement. On assistera sans doute, dans leurs travaux, à une évolution vers des lignes plus épurées, un style plus évocateur. "

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